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Les coulisses de l'opération : Interview de Monsieur Varin, médiateur culturel

20 Octobre 2016

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Interview de monsieur Bruno Varin

(médiateur culturel, service des publics)

 

Pouvez-vous nous expliquer votre fonction exacte au sein du musée ?

 Le métier de médiateur consiste à accueillir le public et susciter le désir de culture. Avec une base scientifique, devenir un passeur. Accompagner le public, mais surtout lui donner l’envie de revenir et même d’amener des publics qui n’ont pas l’habitude d’aller dans un musée qui peut être un lieu parfois impressionnant, à passer la porte.

Souvent, nous sommes comparés à des animateurs. La différence avec l’animation est qu’en gardant ce côté ludique, et tout en charmant le visiteur, il faut lui donner une qualité scientifique de contenu. En effet, le désir se nourrit de la qualité.

Si j’essayais de définir mon métier, je dirais que c’est créer de l’envie, du désir.

Au sein du musée des Beaux-Arts de Rouen, les médiateurs créent entièrement leurs propositions de médiation, en s’appuyant sur leurs connaissances. On travaille avant, pendant et après la visite, puisqu’il y a aussi après une analyse des retombées, du ressenti. Certains projets peuvent être longs, sur plusieurs séances, voire sur plusieurs années, donc c’est un accompagnement assez global ! En effet, le service des publics est là pour casser les barrières et faciliter l’accès sous toutes ses formes : ça peut être autant la qualité de l’accueil que de la médiation écrite, sonore,… C’est de réfléchir sur une globalité qui épaule finalement la communication.

Les actions de médiation les plus connues sont celles faites en faveur des scolaires. Le défi devant ces publics est de les intéresser à l’art et de leur donner envie de revenir avec papa-maman et que la visite soit un plaisir.

On peut réaliser des choses innovantes comme par exemple filmer des enfants « faisant » le médiateur, en leur expliquant ce qu’est le rôle de médiateur : casser son trac de parler devant des gens et savoir vulgariser (ce qui est très difficile), savoir transmettre. Tout cela permet de créer du lien entre génération, du lien social.

En ce moment, nous organisons des dégustations culinaires liées aux tableaux impressionnistes. Il s’agit de créer des liens entre les arts, là en l’occurrence avec l’art culinaire, mais aussi avec la musique : d’ici quelques jours, un concert au musée clôtureront le festival et je serai amené à faire une conférence sur les liens entre la musique impressionniste et la peinture impressionniste. Donc vous voyez que notre métier, c’est aussi créer des ponts !

 

Comment votre fonction s'articule avec les autres corps de métier au sein du musée ?

Tous les médiateurs ont une base approfondie en histoire de l’art, et nous avons donc des échanges avec les conservateurs pour travailler en commun la résonnance auprès des publics d’un sujet en particulier. En effet, ça ne sert à rien de monter une exposition extrêmement pointue sur un sujet s’il n’y a pas un public qui vient la découvrir. Nous devons faire comprendre au conservateur, qui est un scientifique, qu’il doit créer un lien avec les publics et nous devons être assez intelligents pour ne pas travestir le discours scientifique. Nous devons avoir une exigence de qualité. Le conservateur nous donne un cadre scientifique qui nous sert à créer nos contenus, mais nous devons avoir de très bonnes bases de connaissances pour ne pas dire de bêtises en vulgarisant.

 

Plus concrètement, quel est votre rôle dans l’événement La Chambre des visiteurs ?

 Le propos est de recréer un lien du public avec le musée et associer le public aux métiers du musée. Quand vous choisissez les tableaux, que vous participez à la médiation, vous créez du lien, du partage, de la conversation, des échanges. C’est un lieu de rencontre finalement cette chambre des visiteurs, pour moi, à la fois avec mon métier, mais aussi entre visiteurs !

Et c’est très intéressant aussi pour nous de voir ce que le public attend, c’est aussi une fenêtre sur l’extérieur, ça nous permet de nous poser des questions de savoir ce qui l’attire et pourquoi ça l’attire, car pour bien faire notre travail, il faut comprendre ce que l’autre veut, ça redynamise notre lien avec le public et ça nous fait réfléchir à l’angle de cadrage de nos médiations.

 

Quels sont vos tableaux préférés parmi la sélection des 72 œuvres en lice ?

Il y a des œuvres que nous, médiateurs, nous voulons absolument voir sortir des réserves, et nous participons donc aussi au vote ! Pour mes médiations, j’ai un intérêt particulier pour le tableau « Le deuil », qui est un tableau en très grand format sur un petit sujet, et je voudrais de l’art contemporain pour expliquer ce qu’est la diversité de l’art contemporain et casser les peurs par rapport à ces courants artistiques. Mais j’ai des collègues qui préfèrent la carpe par exemple, ou encore le chat et les chardonnerets car le chat est mignon !

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